c'est avec regret que je stoppe ici la narration sur l'arrivée du grand cornu. En effet, avec ce blog, je pensais avoir l'occasion de raconter librement et de façon amusante l'incroyable aventure qui m'avait conduit à distribuer cette série en France, et le bouleversement qu'elle avait provoqué dans les mentalités à travers l'Europe.
Malheureusement, tout le monde ne semble pas le voir ainsi et pense qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'un réglement de compte, ce qui n'a jamais été mon intention. Je préfère donc stopper ici plutôt que d'apparaître comme ayant un parti-pris dans les événements actuels.
Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont lu, envoyé des messages; à ceux-là je leur répondrai très prochainement.
Il faut dire que la TOEI n’avait pas toujours était très claire. Mais revenons à ce moment de bonheur inoubliable pendant la journée ou je fis défiler sans discontinuité les bobines 16 millimètres sur le projecteur de Marubeni : de nombreuxpersonnages défilaient, c’était sans fin : Sally the Witch, Megou la sorcière ; je ne sais comment j’avais récupéré une bande d’Astro Boy…
Mon Vice Président et directeur général avait eu la gentillesse de mettre à ma disposition son assistante : miss Okichita que lui seul se permettait d’appeler par son prénom : Sachiko. Celle-ci s’amusait de mon étonnement et me disait que tous les enfants japonais avaient été bercés par ces histoires et elle me parlait des manga papier, de leur succès après la guerre, pendant la présence des américains qui ne se doutaient pas que tous les Japonais se moquaient d’eux dans ces petits livres au mauvais papier.
Après mon rendez-vous avec Yves François, j’avais surtout retenu qu’il fallait avoir le portefeuille bien garni et que lui, bien que directeur des achats ne s’en occupait pas et que j’avais intérêt à trouver une certaine madame Soisson… « La femme du ministre ?» Comme je n’en connaissais pas d’autre, je ne pouvais pas me tromper. J’avoue que j’ai eu beaucoup de mal à réussir à obtenir un entretien dans le bâtiment des alouettes, aux Buttes Chaumont. D’un abord très soixante-huitard, je fus très étonné de la voir arriver avec un aréopage d’une dizaine de personnes. Je me suis présenté, elle connaissait Marubeni, l’existence des dessins animés japonais et m’avait reçue par curiosité : en gros, voir la tête de quelqu’un qui osait présenter des œuvres réalisées dans un pays totalitaire, dirigé par un empereur dont les sujets continuaient à être payés d’un bol de riz par jour, qui de plus ne respectait pas les brevets, les copyrights,etc,etc…Autrement dit j’en ai pris plein la G… pendant plus d’une heure !
Certains des présents en ont remis une « couche » : « Comment peut-on travailler dans une telle société !? Comment pouvait-on imaginer qu de telles émissions puissent un jour passer sur les ondes de la télévision de la République Française au détriment des valeurs que celle-ci voulait inculquer à ses rejetons formés à l’école de Jules Ferry ? »
Je n’ai pas eu le temps de répondre, alors que j avais fourbi mes arguments pendant ce long monologue, j’avais bien l’intention de l’emplafonner,mais elle s’était déjà levée ainsi que sa suite et il quittaient tous la salle en passant devant moi,sans un regard…Je n’ai pas pu m’empêchais d’éclater de rire et c’est avec un vrai fou rire que je quittais ce Temple de la télévision et me précipitais dans le bistrot le plus proche où je me commandais un double Scotch. J’avais pris une sacrée correction, j’avais besoin d’un remontant ! Accoudé au bar, je ne vis pas arriver le petit monsieur vêtu très élégamment qui vint s’asseoir sur le tabouret à ma droite : il faisait partie de la bande de la S.F.P.
Je le regardais en souriant, il me rendit mon sourire et nous nous mîmes à rire tous les deux. Il se présenta : il s’appelait Roder Foriat et avait assisté à ma mise à mort avec beaucoup d’intérêt. L’O.R.T.F allait éclater dans quelques jours : je n’avais aucune chance pour l’instant avec la futur 1ere chaîne car Christophe Izard avait posé des jalons. Par contre la 2ème chaîne n’avait pas de politique bien définie. Deux personnes étaient sur les rangs pour s’occuper de la jeunesse : Agnès Vincent et un certain Guy Maxence. Je laissais ma carte à ce charmant Monsieur.
Quelque temps après, Guy me donna rendez-vous dans mes bureaux et visionna tous les produits que j’avais ramené de Tokyo. Nous partagions les mêmes idées concernant la possibilité d’assurer une véritable émission pour les jeunes et que les produits que je lui présentais pouvaient assurer une bonne base de départ. Il m’invita à déjeuner et m’avoua qu’il allait être nommé que pour un temps le responsable de l unité jeunesse, mais il n’était pas « politisé » il en déduisait que s’il m’achetait un programme, si celui-ci avait du succès, il se ferait des jaloux, et d’autres personnes plus affairistes prendraient sa place, et si le programme était un échec, il se retrouverait dans un placard !
L’horizon était ouvert ! Il me demanda de ne parler à personne des séries d’animation et de ne les présenter à personne. En échange, il me promit de signer un bon d’achat pour une des deux séries de robot : soit UFO ROBOT GRENDIZER, soit MAZINGER Z. Il me prenait obligatoirement Candy. Je connaissais à peine cet homme qui m’avait fait vider toutes mes armoires pleines de films, mais il était très franc, un peu aigri, mais conscient de son pouvoir actuel…qui n’allait pas durer. A partir de ce jour nous nous apellâmes journellement. J’avais commandais plusieurs autres épisodes au Japon et chacun d’eux renforçait la décision de Guy. Il appréciait la qualité. Certes ce n’était pas « du Disney »mais le scénario lui semblait soutenu, les personnages récurrents bien définis dans leur positionnement et les méchants bien méchants…Un peu sadique certes mais c’étaient des robots et que des robots. Un jour il m’annonce sa nomination sur Antenne 2 et me donne le nom de son administratrice : Françoise Raymond ! Nous nous rencontrâmes tous les trois : le futur Goldorak était vendu ! Du moins en paroles : il faut un doublage en français, un budget, etc.
Je ne savais pas encore, mais je le subodorais déjà que, avec les Japonais rien n’est simple. Il y avait eu l’épisode CIAMPI. Yves CIAMPI était un excellent réalisateur français et avait dans son palmarès plusieurs grand succès tels que « Qui êtes-vous Mr SORGE ? » ou « Typhon sur Nagasaki » dans le quel l’actrice principale était KEIKO Kichi, une très grande actrice au Japon que le frenchy avait enlevé à son Japon natal. Des bruit couraient au Japon : Ciampi était incapable de nourrir sa femme, il ne lui donnait pas d’argent, et au contraire il dépensait tout ce qu’elle gagnait au pays du Soleil levant et d’autres médisances pas du tout à l’honneur des sujets de l’Empereur.
Le couple Ciampi faisait partie de la jet set de l’époque et mon présidentme les avait présentés un an avant la découverte chez TOEI des trésors dont je vous parlais ci-dessus. Yves fût vite devenu un ami, il dirigeait la société Telcia et produisait une série de fiction : les faucheurs de Marguerite. La personne dans cette société, chargé de la vente dans les pays étrangers s’appelait Jacques Canestrier, garçon plutôt sympathique avec qui j’entretenais de bonnes relations. Le vice président de Marubeni, Mr Matsumoto était très sensible au couple CIAMPI et les sortait souvent dans les grands restaurants. Il essayait de faire gagner de l’argent à Yves en essayant de le mettre comme agent de représentation ou apporteur d’affaires, mais Yves n’était pas du tout ce genre de personnage et tout ce qu’il entreprenaitdans le business se terminait souvent de façon déplorable.
Yves me donnait souvent rendez-vous au bar de la brasserie Lorraine ou j’ai rencontré Yves Allegret, jean Gabin etc. On consommait beaucoup de Gros Plan et de Whisky, à l’époque je fumais 4 paquets de Peter Stuyvesant par jour, je les allumais les unes derrière les autres et nous refaisions le monde. Les dépassements du budget des Faucheurs étaient importants et Yves recherchait désespérément de l’argent mais rien n’apparaissait à l’horizon. Il demanda à Matsumoto de prendre une participation dans sa société : ça, c’était mon travail, mais les comptes étaient vraiment très mauvais et un soir j’invitai Yves au restaurant. Je lui annonçai que moralement je ne pouvais pas donner un avis favorable au rachat d’une partie de son capital. Alors je lui ai parlé de mes séries de dessins animés, mais ça ne le « branchait » pas et il m’a dit de passer un accord avec Canestrier qui pouvait m’aider à superviser le doublage.
Sonnerie… C’est Alex… Il en a gros sur la patate… Il faisait une confiance totale à Benjamin depuis le début. Il le voyait une fois par mois, buvait des petits verres, refaisait le monde, jusqu’à pas d’heure. Il allait dans sa maison de Brignoles, admirait sa maison, son immense piscine en construction, avec cascades… Il débordait d’admiration pour cet entrepreneur qui avait su répondre à une attente des gens de son âge. Certes, ils avaient eu depuis quelques problèmes… Je n’étais pas au courant de tout. C’est vrai aussi que depuis un an, Alex avait voulu jouer au distributeur, ça grinçait des dents du coté de Brignoles.
RCP se faisait les griffes sur des petits titres dont personne ne voulait et que Déclic avait refusés. Il y avait le Tour du monde en 80 jours de mon ami Carlos Biern. BRB, avec qui j’avais commencé en 1976 avec Mazinger, le frère ainé de Goldo. Là aussi ça avait été une belle épopée ! Les Espagnols sont autant fous de Mazinger que les français de Goldorak. Je me souviens qu’en 1979 ou environ, j’étais à Madrid, bloqué dans mon taxi par des manifestants hurlants « Suarez Mazinger, Suarez Mazinger !!! ».
J’écoutais Alexandre : il n’acceptait pas sa trahison… La même qu’un certain Ted Caplon, coproducteur avec moi de Denver m’avait faite. Il nous avait reçu, toute ma famille et moi à Saint Louis… Visite de la ville, somptueux hôtel, visite du zoo, dîner aux chandelles chez lui, Ségolène se mettant au piano, Home Sweet Home. Amis pour la vie. Trois mois après c’était la guerre et Alex ne comprenait pas : nous étions amis ou pas ? A l’époque de Denver, il avait dix ans et ne savait pas encore que l’argent pollue sérieusement les relations. Je comprenais qu’il organisait la Résistance et qu’il allait à la pêche aux informations.
Il savait déjà que l’un des représentants de Dynamic Planning était en Italie… Il l’avait déjà mis au courant. Je l’interrompis car deux agents des forces de l’ordre sont devant moi à la barrière de péage. J’en fait part à Alexandre… qui éclate de rire et raccroche….
J’avais bêtement raccroché le combiné alors que j’étais en main libre. Il avait du y avoir une sorte de réseau et pour m’assurer un confort, j’avais raccroché… Le policier s’approche de moi : « Vous savez pourquoi je vous arrête ? » « Ben oui ». Je n’ai pas nié. Papiers… Etonné, il me regarde, il a la trentaine, moustachu.
« Pardon ? »
-Oui je suis parti du golf non pas parce que je trichais trop, mais parce que j’ai eu une urgence…
-Vous êtes Médecin ?
-Pas du tout, mais une arrivée que le marché d’un produit non autorisé… »
Il se renfrogne et considère que j’essaie de noyer le poisson.
« Vous rouliez à 165 et vous téléphoniez. Sortez de votre véhicule et allez vous présenter devant la camionnette.» Je sors, le collègue de moustachu me demande en riant quelle est cette histoire de produit non autorisé. Je lui explique que les DVD de Goldorak sont en vente sur le site Manga. Et alors, je lui explique que j’ai ramené Goldorak en 1977. Il regarde ma chemise noire, je préfèrerai celui-ci, et il désigne la triste tête de Capitaine Flam que j’ai fait broder sur ma chemisette. « Ah oui, j’ai fait faire la chanson par Jean Jacques Debout… Vous connaissez JJ ?
- Moi j’aimais beaucoup la chanson de Bouba que chantait Chantal. » Quand il apprend que je suis à l’origine aussi d’un des ses feuilletons favoris, il me regarde : j’ai l’air d’un « bientôt vieillard pas trop méchant avec ma barbe blanche de 3 jours ». « Vous n’avez vraiment pas vos papiers ?
- Ils sont dans la poche de mon blouson, j’ai du le laisser sur le dossier d’une chaise. »
Il secoue la tête d’un air compatissant et se tourne vers son collègue qui m’avait arrêté. « Arrête dit-il d’une voix assez forte, la voiture est pleine et il est 35, j’ai fait deux heures sup’ hier, ça suffit. » L’autre le regarde étonné, les papiers du conducteur d’une superbe Maserati à la main. « Qu’est ce que je fais de celui là ? » Mon interlocuteur lui répond sèchement, tu le termine rapide, je rentre… et se tournant vers moi : « Allez, dégagez, votre véhicule gêne. » Il me fait un clin d’oeil. Merci Monsieur l’agent. Il s’éloigne d’un pas volontaire. « N’allez pas trop vite Capitaine Flam ! »
Je monte dans ma voiture, ravi d’avoir été comparé malgré ma calvitie avancée, mes cheveux blancs et mon ventre bedonnant à cet être à la chevelure abondante au roux flamboyant et à la silhouette svelte, venant d’une autre galaxie. Quand je m’éloigne, il ne se retourne pas et je peux vous dire que ce n’était pas à Amiens, pas à 35 et pas le 20 août ! A l’intention des supérieurs de la gendarmerie qui pourrait croire par paranoïa qu’il existât des passe droits ! Je raconte ça à Alex : « tu as vraiment de la chance ! »
Je croise des douaniers en mal de transporteurs de muscadet. Les douanes, gros sujet de réflexion : le gouvernement français, depuis un certain temps, traque les vilains asiatiques qui copient nos bons fabricants français du comité Colbert. Dans cette affaire, c’est le méchant français qui vend des produits en contrefaçon : va-t-on voir à la télé un gros bulldozer écraser sans pitié les coffrets de D.V.D ? Ce serait certainement une bonne chose car ça prouverait au moins à nos amis asiatiques que la loi est la même pour tout le monde, surtout au pays de la déclaration des droits de l’homme ; mais si c’était le cas, ça se saurait.
Il faudrait d’abord savoir si le produit vendu porte un copyright ou pas, et s’il porte le logo de celui qui a vendu lesdroits. S’il n’y a pas de copyright, tout ce complique pour TOEI et l’affaire devient juteuse pour Manga : il va falloir que TOEI prouve qu’il sont bien les producteurs. Si la renommée au Japon est suffisante pour que des présomptions suffisent à engager une action en justice, ce n’est pas le cas en France. Connaissant nos amis de TOEI, avant qu’ils arrivent à rassembler leur dossier, à faire traduire en français les textes, Manga aura vendu quelques millions de D.V.D. Lestribunaux, à l’instar des douanes traîneront les pieds, trop contents de donner une leçon de droit de la propriété intellectuelle à des asiatiques.
Je me souviens qu’IDDH avait toutes les pièces nécessaires : pour le long métrage de Goldo que j’avais fait en mettant à la suite plusieurs inédits que j’avais acheté à TOEI Company dont le représentant en France était un Japonais exceptionnel (Endo), j’avais reçu sans rien demander par écrit, sur un simple appel téléphonique tous les documents dont j’avais eu besoin, comme par exemple l’autorisation des dessinateurs de Goldo de vendre leur œuvre en France; j’avais même reçu une attestation du C.N.C nippon reconnaissant Toeicomme producteur : oui mais ce n’était pas la filiale Toei animation mais la maison mère : de vrais professionnels eux !
Je brûle d’envie de vous parler de ce Japonais que j’avais connu à cette époque. J’ai toujours pensé que tant qu’il resterait ce genre de samouraï, il faudra compter sur le Japon : il était tout ce que l’on lit dans les livres : droit, honnête, fidèle (surtout à l’empereur), plein de gaîté, aimant et respectant la nature, etc. etc.
Revenons à Goldo. Connaissant les possibilités de Manga et s’il avaitacquis les droits, il serait obligé de faire presser dans différent endroits afin de brouiller les pistes. Il sera donc obligé d’en faire fabriquer une partie chez nous en France et on le retrouvera facilement, dans ces conditions, s’il fait l’erreur de ne pas payer cash son presseur, celui-ci se retournera contre lui, et ce sera le début de la fin pour Manga. Il lui faut donc d’autres fabricants pas très pointilleux quandà la traçabilité des droits; il y a l’embarras du choix avec l’Europe : au Sud ou à l’Est, tout est bon pourvu que l’on vende !
Pendant plusieurs jours, j’ai visionné sans m’arrêter. Les premières remarques étaient que parfois la qualité était moyenne,mais certaines histoires étaient vraiment intéressantes : dans le lot il y avait Ufo Robot Grendizer et Mazinger, Candy, etc., et pendant plusieurs jours devant une feuille de papier et un crayon en main, j’essayais d’échafauder une stratégie, voyais dans mes contacts qui je connaissais pouvant m’ouvrir les portes de la télévision française : rien pendant un bon moment,je pensais même à écrire au Ministre de je ne sais plus quel portefeuille afin de lui proposer de faire une chaîne jeunesse : j’avais assez de programmes pour tenir un an à trois heures par jour, ce qui était à l’époque le temps de diffusion de toutes les chaînes françaises confondues ! Il ne faut oublier que mon travail « de base » était de prendre des participations ou de racheter des sociétés, et un jour, mon Président Mr Kano, digne descendant de Yoji Kano, l’inventeur du judo, me fait appeler par sa trop charmante collaboratrice.
Je m’y rend avec empressement au grand soulagement des personnes avec qui je partageais le bureau : c’était l’époque ou je fumais 4 paquets de Stuyvesant par jour et ilsen profitaient pour aérer. C’était toujours un grand bonheur de discuter avec cet homme : il avait une gueule de TiTi parisien, une carrure impressionnante et surtout une connaissance de la psychologie humaine, européenne et particulièrement française, qui lui faisait imiter un italien, un alsacien, et surtout ses interlocuteurs en reprenant leur voix. J’étais un peu son Chouchou et il avait une grande confiance en moi. Il m’accueillit comme d’habitude avec un sonore : « comment vas- tu mon pote ! Je t’en sers cinq ! » Et il me broyait la main en me faisant signe de m’installer sur dans fauteuil club, il me sert un Whisky, s’en verse undu double du mien, me demande comment vont les affaires, si mes dessins animés me plaisent etc.
Il tourne autour du pot. « Président, dites-moi ce que vous avez à me dire ! » Il rit et me tend un Télex émanant de la section B 762 : les très très grands patrons. Nous étions plus de 250 000 dans la société, toutes filiales confondues. C’était simplement une demande de prise de participation dans la société S.B.M. et me montre son annuaire Défossés, genre de bottin mondain de toutes les sociétés françaises cotées en bourse. Y’a pas de S.B.M dedans !
Je prends le livre et l’ouvre à Cercle de Monaco. « C’est la même Président. » et je lui rends le guide. « Vous avez justifié votre salaire pour une année, occupez-vous de cette affaire. » Il se lève me confie le télexet jette un « CIAO mon pote ! » à faire trembler les vitres. Je lis le papier qui était très laconique : j’avais toutes les possibilités financières pour rentrer dans le capital de la perle de la couronne princière de Monaco. C’est le Prince qui allait être contant !
Il venait de virer Onasis en lui rachetant pour une bouchée de pain la totalité de ses actions, et j’allais lui proposer de le remplacer par une trading japonaise : ça sentait le faux nez à 20 lieues nipponnes à la ronde. Il faut, pour la bonne compréhension, que je vous dise qu’avant de rentrer chez Marubeni j’avais, après mes études, pris le 1er poste qui se présentait à moi : celui de directeur de la Total au Togo, donc je connaissais pas trop mal le monde du pétrole. Onasis avait la plus grande flotte de tankers du monde derrière son camarade syndiqué Niarcos, ou le contraire. Marubeni étant l’un des plus grand acheteurs de pétrole de la planète et se servant des bateaux des armateurs grecs pour le transporter, même un prince monégasque pouvait deviner qui était collé. Je n’avait strictement aucune chance de réussir cette mission, mais comme il pleuvait sur Paris je pris mon téléphone et de ma plus belle voix je téléphonais au Président de la S.B.M. Après des heures de palabre j’obtins pour le lendemain, avec le directeur financier, un rendez-vous sur place. Avion plus hélico et direction l’Hôtel de Paris, qui n’était pas ce qu’il est aujourd’hui.
Nous étions hors période estivale, juste après le choc pétrolier et il faisait un vilain froid… Bien sûr, il pleuvait aussi. Après les mondanités habituelles, ce cher Monsieurraisonne comme moi, il en avertira le Princeet nous parlons d’autres chose…et de la manne de dessins animés que j’ai trouvais au Japon, de la possibilité d’alimenter des programmes etc. et je lui avoue que je ne connais personne a la Télévision française. Il éclate de rire et m’avoue que son prochain rendez-vous est avec le ministre des finances de Monaco (ou y faisant office) et que sa fille est la collaboratrice d’un certain Yves François, directeur des achats de l’ORTF ! Me proposant de l’accompagner, nous nous rendons dans le bureau de ce dernier qui me donne un nom : Françoise Raymond.
Après avoir visité sous la pluie le terrain du Larvot, plein de boue et dîné avec ces personnes très accueillantes qui c’était bien gaussées de mon histoire de participation, je rentrais à Paris dès le lendemain, et que fis-je à 9h30, 40, 50, 55, 5 ,10,15 etc. A trente, une jeune voix me répondit enfin, je commençai à rentrer dans les habitudes de cette grande maison. C’était Françoise que je n’osais encore appeler par son prénom. Quand je demandais à Mademoiselle Raymond, après lui avoir susurré mes recommandations monégasques, si je pouvais parler à son patron Mr. François, elle parut très offusquée. Elle me répondit qu’étant très occupé il n’arrivait Avenue Matignon que vers Lui demandant un rendez-vous dans les plus brefs délais, je sus qu’il n’étais pas libre avant 3 semaines ou éventuellement un déjeuner risquait de se libérer pour le lendemain, et que son chauffeur étant malade il ne voulait se déplacer trop loin.
J’avais de la chance, il me laissait le choix du restaurant : soit Laurent car il n’avait pas à traverser les Champs, (500 francs par tête à l’époque !) soitLe Doyen, (le double). Allons-y pour le Laurent ! Je lui laissais mon numéro de téléphone, et me frottais les mains : demain je vendrais mes séries à l’ORTF et je concurrencerais Disney que je rachetais avec Onasis pour couler Coca Cola avec Niarcos !
L’après midi, Melle Raymond m’appelle en me demandant des renseignements sur ma société. Puisqu’on se la « pète », je lui répondis simplement d’unton suave que notre chiffre d’affaires était trois fois le budget de celui la France (elle à du faire une corrélation avec celui de Monaco où travaillait son cher Papa) car après un assez long délai de réflexion, j’avais mon déjeuner confirmé !
Je me « frottai » pour la première fois au monde de l’audiovisuel et j’avais appris beaucoup de choses en une journée ! Le coup des restaurants, du chauffeur et du chiffre d’affaires, c’était quand on voulait !
Je vous avoue que Françoise et moi sommes par la suite deveus de grands amis, même si je n’ai pas toujours apprécié la couleur de ses cheveux à leur juste valeur !
Elle est une étape importante dans l’histoire de Goldorak… J’avais presque oublié pourquoij’écrivais cela…
PS : les commentaires de l'article précédent ont été stoppés parce que cela tournait au forum ! En tout cas, Kisaitout a fait une théorie assez cohérente avec ce qui a été dit de part et d'autre. Question quand même : selon votre théorie, pourquoi "les Huchez" ont voulu trahir MD en ayant Goldo seuls ? Par pur appât du gain ? Intéressante question non ?
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